.Epica est un groupe Hollandais. La chanteuse, Simone, a à peine 20 ans mais réalise une prouesse sur leur premier album
The Phantom Agony (2003). Ici aussi les chansons sont longues, avec de nombreuses variations, saupoudrées d'un orchestre symphonique et avec de nombreuses paroles en latin ce qui nous donne vraiment l'impression d'écouter de l'opéra classique... mais agrémentée de guitares électriques lol. Cependant, les textes sont extrêmement engagés. Par exemple,
Façade Of Reality dénonce les attentats du 11 septembre,
Seif Al Din, l'abus de pouvoir de certains chefs d'Etats et
Sensorium traite du mystère de la mort... Ce groupe est composé de Coen Jansen (Clavier), Yves Huts (Basse), Simone Simons (Chant Classique), Ad Sluijter (Lead Guitare) et Mark Jansen (Rythm guitare et grunts).
Consign To Oblivion Ils l'ont fait!!! Un deuxième album aussi bien que le premier! Et il en fallait, du talent et de l'imagination pour y arriver... Cependant, celui-ci risque d'attirer un public plus large, ceci en raison du fait que
Phantom Agony était définitivement plus sombre et plus pessimiste. Les chants en latin, la multiplication des passages mélancoliques interprétés par des choeurs masculins donnaient à certaines chansons, un côté presque tragique. Ici, la musique est résolument plus épique, ce qui colle enfin parfaitement avec leur nom 'epica'. Rien que la comparaison des 2 intros respectives: 'Adyta', une intro très sombre et 'Hanab K'u', une intro héroïque et envolée, digne des plus grands films d'action fantastiques, nous permet de constater le changement! Bien entendu, on retrouve parfaitement le style d'Epica surtout sur
Dance Of Fate,
The Last Crusade et
Another Me In Lack'ech, tous les bons ingrédients y sont, y'a pas à dire c'est bien du Epica! De plus,
Solitary Ground rappelle les sonorités de
Feint, Simone (est-ce nécessaire de la préciser) maîtrisant parfaitement son art et sa voix, nous enchante. Petite surprise en écoutant l'album: un petit duo avec le chanteur du groupe Kamelot, Roy Khan, (il leur devait bien ça puisque Simone a participé non seulement à une de leur chanson mais aussi au clip!), dans
Trois Vierges, une magnifique ballade.
Passons aux paroles... Le privilège de composer les paroles de cet album a été attribué à Mark et Simone et on peut dire qu'ils n'y sont pas allé de main morte!! Elles sont magnifiques, plus claires à comprendre que celle de TPA, pour nous petits français! On retrouve la même ferveur dans la façon de voir le monde, donc les paroles sont tout aussi engagées que celle du premier opus... Je dirai même qu'elles sont plus 'violentes', dénonçant le propre de la nature de l'homme (surtout dans
Consign To Oblivion qu'est-ce qu'on a chaud tout à coup!!). Egoïstes, manipulateurs, assoiffés de Pouvoir... Et le pire c'est qu'on se sent impliqué ('We all think we're generous, but we only fool ourselves' hmm notre Mark met tout le monde dans le même panier! Et hop! lol). Tout ceci sur un bruit de fond tout aussi violent et tragique: l'extermination du peuple et même de la culture Incas (ici ce sont les Mayas plus précisément) par les premiers colons! Après avoir écouté (et compris!) les paroles, on se sent déchirés! Moi ça me retourne les tripes tout ça!! Et les paroles en latin pour surplomber le tout d'une beauté parfaite, ça fait trop stylé haaan mdrr.
Mon avis: Bien que cet album se détache, en partie, du premier, il est EXCELLENT, c'est un régal de l'écouter en boucle et je ne suis pas du tout déçue qu'ils aient choisi un tournant plus épique, et les paroles sont d'une intensité à couper le souffle.
The Divine ConspiracyEtant une fan de la première heure, je me devais d'être exigeante, tout en gardant une confiance inébranlable en Mark Jansen, Coen Janssen et Simone Simons, les 3 principaux détenteurs du destin d'Epica, puisque ce sont les 3 personnes à prendre part à la majorité des compos. Pourtant, lorsque Mark Jansen annonce sur le forum officiel, que leur 3ème album sera « more heavy » (déjà on élimine la peur que le groupe devienne trop commercial, comme Within Temptation par exemple, mais passons ) et que la batterie sera assurée par le membre d'un groupe de Black/Death metal (Arjën Van Weesenbeek), je ne peux que patienter fébrilement en étant consciente qu'un album raté ferait perdre toute crédibilité à ce groupe que j'aime tant. Parallèlement, rappelons qu' After Forever, le principal groupe « rival » du combo a sorti en début d' année, un album génial et bouillonnant d'inventivité et de qualité... Epica se doit donc d'être à la hauteur ou de ne pas être ! Pourtant, les membres ne cessent d'assurer aux fans, que cet album sera meilleur que les précédents, qu'il contient des ingrédients dont nous attendions tous le retour avec moult impatience : de la musique orientale, de la puissance, des voix plus travaillées, un (ou des) solo(s) de guitares, etc... En perspective, on ne peut qu'être confiant, cependant, on se dit que l'on n'est pas à l'abri d'une grosse boulette de la part de Mark et ses acolytes... Et s'ils en faisaient trop ? Et si ça devenait tellement bourrin qu'on ne distingue plus la mélodie du bruit ? Et s'ils voulaient essayer de nouvelles expériences qui les feraient se trahir, que l'on ne reconnaisse plus le style si caractéristique et qui me plaît tant ?
C'est alors avec - je l'avoue avec honte - un grand soulagement que je constate qu'Epica nous livre là, non seulement un album non décevant, mais surtout un opus qui dépasse de loin celui qui fût mon album préféré pendant 3 ans : The Phantom Agony ! Tout en reprenant les structures et les idées de ce premier album, les compositions demeurent plus matures, plus abouties, et je pense que je ne suis pas la seule à l'avoir pensé : il était temps !
Ne connaissant encore que trop peu cet album (il me faut bien quelques mois voire quelques années pour bénéficier d'un avis clair et tranché), certaines chansons deviennent à la première écoute de gros coups de coeurs : « The Obsessive Devotion » (une « Sensorium » qui aurait repoussé ses limites), « Chasing The Dragon » (une hybride mi-calme, mi-déchaînée) et surtout « Fools Of Damnation ». D'ailleurs ces 3 chansons ont pour caractéristique commune de nous offrir un crescendo des plus splendides, que l'on retrouvaient sur certaines chansons de The Phantom Agony telles que « Seif Al Din » et « Run For A Fall », mais qui étaient moins marqués, ou moins accentués, et cela était peut-être dû à l'ancien batteur qui ne voulait pas jouer, semble-t-il, de manière trop véloce... Un grand remerciement à Arjiën au passage, pour sa fabuleuse contribution et pour avoir fait de Mark, un homme heureux .
Mais penchons-nous plutôt sur l'intro, merveilleuse intro « Indigo » que l'on croirait tout droit échappée de la BO de « Pirates Of Caribbeans ». Hanz Zimmer, maître spirituel de Mark, n'est pas loin... Une intro qui est capable de tourner en boucle dans ma tête toute une journée. Prélude à un album d'exception. Il semblerait que la plupart des orchestrations soient jouées au synthé, mais personnellement, j'ai plus eu l'impression d'entendre un orchestre entier. Ma foi, si Coen, notre fier Keyboardman s'en sort si bien pour se substituer à un véritable orchestre, on ne peut que saluer l'effort !
Le reste de l'album comporte des hauts et des bas, je ne dirai jamais que cet album est parfait, par exemple « Menace Of Vanity » est un peu répétitive, mais tous les morceaux sont emmenés par une Simone et un Mark plus convaincants que jamais au chant et au grunt, par une énergie sincère et une présence indéniable. On remarque également une réelle volonté de la part du groupe de ne pas lasser l'auditeur en proposant de nombreuses variations au sein des structures et des instrumentations, et de rester fidèle à son style de base tout en lui faisant acquérir plus de force et de consistance. Tout ceci ne peut que procurer un plaisir indicible. Le groupe évolue en restant ancré dans ses racines, il ne se trahi pas, seule la qualité évolue dans le bon sens du terme... Pour une fanatique de The Phantom Agony telle que moi, c'est le plus beau cadeau qu'Epica pouvait m' offrir.
Je parlerai pour finir de la chanson censée être « phare », qui est malheureusement bancale dans sa structure : un passage au synthé bien trop long et pénible et un final peu marqué (malgré tout fort appréciable), bref une absence par-ci, un trop plein par-là... Tout cela nous amène à penser qu'une petite retouche supplémentaire aurait été bienvenue, pour en faire une chanson à couper le souffle. Cela ne fait pas de « The Divine Conspiracy » une mauvaise chanson pour autant, au contraire, elle fait partie des meilleures pour moi, et dépasse largement la qualité d'une « Consign To Oblivion » à laquelle je n'ai jamais vraiment réussi à accrocher...
Mes amis, si je devais résumer cet album par des mots, des impressions, je pense que j'emploierais les termes « puissance », « mélomanie », « élégance » et « émotion ». The Divine Conspiracy, c'est un peu tout ça, et pour moi qui suis fan depuis 3 ans, voir tous ces ingrédients réunis dans un même album me procure joie et fierté.
The Phantom Agony:
..- Adyta (Intro en latin)
..- Sensorium
..- Cry For The Moon
..- Façade Of Reality
..- Run For A Fall
..- Seif Al Din
..- Feint
..- Illusive Consensus
..- The Phantom Agony
Consign To Oblivion:
..- Hunab K'u (Intro)
..- Dance of Fate
..- The Last Crusade
..- Solitary Ground
..- Blank Infinity
..- Force of the Shore
..- Quietus
..- Mother of Light
..- Trois Vierges
..- Another Me In Lack'ech
..- Consign to Oblivion